« On veut bien parler de tout mais pas avec n’importe qui. ». « On va monter les Français les uns contre les autres ».(Edwy Plenel)
Nous y voilà. Les réfractaires au débat ne se contentent pas de se taire, ils nous mettent en garde sur les dangers qu’il y aurait à entendre des opinions décrétées extérieures à « l’arc républicain ». Non seulement toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire mais tous les Français ne sont pas bons à entendre. Ceux qui confient leurs troubles quand les règles de la laïcité sont enfreintes à l’école, à l’hôpital, dans les entreprises ou dans la rue risquent d’en désigner les fauteurs. À moins de s’en tenir aux concepts et à la langue de bois, les Musulmans qui pressent la République de transiger avec leur foi se sentiront visés. C’est un moindre mal. Il serait plus grave, comme on laisse faire rue Myrha par crainte des échauffourées, d’ignorer la question et de laisser penser que tous les Musulmans rejettent en masse les bonnes manières laïques. Une parole libre ne monterait pas les Français les uns contre les autres mais dissiperait les malentendus et rappellerait ou poserait les règles du vivre ensemble. A l’inverse, un tabou prudemment entretenu sur ces questions et un débat interdit quand certains Français attendent des réponses et des arbitrages pousseraient sûrement les citoyens de cultures différentes à vivre loin les des autres, voire les uns sans les autres.
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