Cela s'annonce assez intéressent:
POLITIQUE. Uthurry, tête de liste du département aux régionales. Lucbéreilh, candidat à la candidature. Le choc des municipales sera-t-il reconduit ?
Vers un nouveau choc Uthurry-Lucbéreilh ?Hervé Lucbéreilh et Bernard Uthurry pendant la campagne des dernières municipales. Ils devraient de nouveau se croiser dans la course aux régionales.
Le conseil fédéral et les militants du Parti socialiste viennent de retenir le nom de Bernard Uthurry pour conduire la liste départementale dans la course aux régionales. Le maire d'Oloron ne connaît pas encore tous ses adversaires. Il jette notamment un oeil curieux vers Hervé Lucbéreilh. Son prédécesseur UMP à la mairie d'Oloron est seulement, pour l'heure, candidat à la candidature au sein d'une liste qui sera dirigée par Alain Lamassoure.
Le retour au premier plan de l'ex-maire d'Oloron n'est pas encore acquis. S'il n'est même pas encore certain de figurer au sein de l'équipe de la majorité présidentielle, il n'est pas non plus assuré de se trouver en position éligible.
Un test local
La situation rappelle que tout peut vite basculer en politique. Peu avant les dernières municipales, nul n'aurait parié un kopek sur cette nouvelle configuration où Bernard Uthurry a pris aujourd'hui un ascendant, même symbolique, sur son meilleur ennemi.
Quoi qu'il en soit, la perspective d'une nouvelle confrontation entre les deux hommes commence à faire causer en ville. La campagne qui s'annonce pourrait se révéler particulièrement intéressante. A droite comme à gauche, on l'appréhende déjà comme un test majeur. Les résultats des urnes seront, en effet, examinés à la loupe par états majors respectifs. Objectif : vérifier l'impact de ces deux personnalités auprès des électeurs dans la perspective des prochaines cantonales et municipales.
Si Bernard Uthurry en est arrivé là, c'est d'abord parce qu'il a raflé la ville sous-préfecture à l'UMP. Dans la foulée, il a également pris la présidence de la Communauté de communes. Il sait désormais qu'il siégera au Conseil régional, au coeur du dispositif du président sortant Alain Rousset.
Jusqu'où ira-t-il ? D'aucuns le voient aussi candidat aux prochaines législatives face à Jean Lassalle.
Cumul des mandats
Ces bruits font sourire Bernard Uthurry qui ne veut pas s'avancer sur le terrain de la politique-fiction. Il ne lui a pas échappé qu'il doit d'abord expliquer les raisons pour lesquelles a évolué sa position sur le non-cumul des mandats. En attendant, ces proches se sont donné le mot : « Bernard a longtemps hésité avant d'accepter de conduire la liste aux régionales. Il n'était pas chaud ». « On m'a tiré par la manche », martèle l'intéressé.
Ce n'est certainement pas faux. D'autres élus socialistes auraient bien aimé se passer de lui. Vice-président sortant du Conseil régional, François Maïtia était, par exemple, « disponible » pour son parti. Mais contrairement à la campagne des législatives où il avait été contraint de céder sa place à Jean-Pierre Domecq, il n'y a pas eu cette fois de bataille extérieure aux habituelles discussions de coulisses.
De son côté, Hervé Lucbéreilh, devenu simple conseiller général, joue en partie son retour en politique sur ce coup. Lui qui n'apparaît quasiment plus dans les manifestations publiques depuis sa défaite n'a pas d'autre choix que de sortir du bois s'il veut encore exister demain.
Peaux de bananes
Il n'a perdu la mairie qu'à quelques dizaines de voix près et dispose toujours d'une forte côte de popularité à Oloron. Sa campagne aux législatives lui a permis de mieux se faire connaître du côté du Pays basque. Mais son appétit politique du temps où il était prêt à tout manger a laissé des traces. Jusque dans son propre camp où les peaux de bananes ne manquent déjà pas de joncher son chemin.
Conformément à l'accord national passé avec le Nouveau centre et CPNT, l'UMP doit partager les sièges à la Région. Si l'on y ajoute la parité homme-femme et la règle d'alternance des places entre Basques et Béarnais, Hervé Lucbéreilh ne peut pas mieux espérer qu'une cinquième position sur la liste. A ce niveau, son élection sera particulièrement compliquée. À moins qu'un coup de pouce ne le fasse remonter... Réponse début décembre.
Auteur :
Patrice Sanchezp.sanchez@sudouest.com